Pour avoir connu le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche sans l’AUREF, il semble particulièrement judicieux d’en prendre un soin attentionné car c’est un lieu de liberté d’une parole qui participe à la promotion des valeurs fondamentales de l’Université française.

En effet, l’AUREF pèse par les chiffres : elle réunit aujourd’hui en réseau 35 établissements, dont presque la moitié des universités françaises, qui accueillent un peu moins de 600 000 étudiantes et étudiants. Par leur taille, ses membres se répartissent en trois tiers équilibrés : moins de 10 000, de 10 000 à 20 000 et plus de 20 000 étudiantes et étudiants. La taille n’est donc pas un critère d’appartenance. Deux bénéficient du label d’excellence I-Site (Besançon et Pau) et trois apparaissent dans le classement des établissements de Shanghai (Poitiers, Orléans, Chambéry). D’autres sont des références dans leur domaine, notamment en SHS (Bordeaux Montaigne, Lyon 2, Rennes 2, Toulouse Jean-Jaurès), pour la formation continue (CNAM), ou dans des secteurs spécialisés qui leur ont valu d’obtenir des écoles universitaires de recherche (Le Mans et l’acoustique, Bretagne-Sud et la mer). La place des universités en position européenne transfrontalière et des universités ultramarines, qui diffusent les idées de la France dans le monde, est également remarquable. Toutes et tous participent donc à la puissance, au rayonnement et à la continuité territoriale de l’enseignement supérieur et de la recherche de notre pays.

Elle est encore plus appréciable par ses idées girondines, car ce qui lie ces établissements est de l’ordre du politique, dans le meilleur sens du terme : priorité aux missions de service public confiées par la Nation ; attachement à l’intérêt général, à l’égalité de traitement, à la continuité territoriale ; lien essentiel entre la formation et la recherche depuis la licence jusqu’au doctorat : en France toutes les universités sont de recherche et de formation et elles doivent toutes aller de la licence au doctorat.

Constatant la politique de concentration des moyens et l’absence d’évaluation sérieuse de ses résultats, elle rappelle que la priorité est nécessairement la construction scientifique qui repose sur la collaboration plus que sur la compétition ainsi que le souci de l’apport à la société. Dans cet esprit, l’AUREF appelle de ses vœux une évaluation relative de la performance des établissements, qui tienne compte de tous les moyens investis pour mettre en lumière l’efficience, et non d’une manière absolue dans le but de valoriser la simple concentration des moyens.

L’AUREF n’est pas monolithique et monocolore, comme tous les rassemblements humains. Elle affirme d’ailleurs que la diversité des établissements d’enseignement supérieur et de recherche qui forment le paysage universitaire français constitue une richesse et une force qu’il faut renforcer. Sans naïveté, avec pragmatisme et souci d’une excellence qui ne soit pas bornée, elle seule permet de promouvoir une conception altruiste, évolutionniste et humaniste de l’Université.

L’AUREF possède une unité d’ensemble par le seul fait qu’elle existe et se développe, mais aussi et surtout car elle porte une vision politique du paysage de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

COMPOSITION DU BUREAU

. Président : Denis VARASCHIN

. Vice-présidents : Joël ALEXANDRE, Christian ROBLEDO

. Trésorier : Jean PEETERS

. Secrétaire : Rachid EL GUERJOUMA

. Membres : Hélène VELASCO-GRACIET et Paul-Marie ROMANI